5 conseils dans la prise en charge des hernies discales L4/L5 L5/S1
Hernie discale L4-L5 ou L5-S1 : que signifie ce diagnostic ?
Les niveaux L4-L5 et L5-S1 sont parmi les segments lombaires fréquemment concernés par les protrusions et les hernies discales.
Une hernie discale correspond au déplacement d’une partie du matériel du disque intervertébral au-delà de ses limites habituelles. Selon sa localisation et son importance, elle peut être asymptomatique ou être associée à une lombalgie, une douleur irradiant dans la jambe, une sciatique ou, dans certaines situations, à des signes neurologiques.
La présence d’une hernie sur une IRM ne signifie cependant pas nécessairement qu’elle est responsable des symptômes. Des anomalies discales peuvent également être observées chez des personnes ne présentant aucune douleur. L’interprétation de l’imagerie doit donc toujours être mise en relation avec l’histoire du patient et l’examen clinique et neurologique.
En savoir plus sur la hernie discale, la lombalgie et la sciatique
Conseil n°1 : ne pas interpréter l’IRM indépendamment de l’examen clinique
Un compte rendu d’IRM lombaire peut contenir des termes parfois inquiétants : discopathie, protrusion discale, hernie discale, extrusion, pincement discal, conflit disco-radiculaire ou arthrose.
Ces termes décrivent des constatations anatomiques, mais ne permettent pas à eux seuls d’identifier l’origine d’une douleur. Certaines anomalies discales sont fréquentes chez des personnes ne présentant aucun symptôme.
L’IRM doit donc être confrontée à la localisation de la douleur, à son éventuelle irradiation dans la jambe ainsi qu’à l’examen clinique et neurologique.
Conseil n°2 : rester actif autant que possible
En dehors de certaines situations particulières, un repos prolongé au lit n’est généralement pas recommandé en cas de lombalgie ou de sciatique.
Il est préférable de maintenir progressivement les activités tolérées et d’adapter temporairement celles qui aggravent nettement les symptômes. La marche et la reprise progressive du mouvement peuvent notamment contribuer au maintien de la fonction.
Le niveau d’activité doit cependant être adapté à l’intensité des symptômes et à l’examen clinique : l’objectif n’est pas de « forcer » à travers une douleur neurologique importante.
Conseil n°3 : surveiller les signes neurologiques
Une hernie discale peut parfois comprimer ou irriter une racine nerveuse. Une douleur irradiant dans la jambe peut alors s’accompagner de fourmillements, d’engourdissements ou d’une diminution de la force musculaire.
L’apparition ou l’aggravation d’un déficit moteur nécessite une évaluation médicale rapide.
Une anesthésie de la région périnéale, des troubles urinaires ou intestinaux nouveaux, ou certains déficits neurologiques sévères constituent des signes d’alerte nécessitant une évaluation médicale urgente, notamment afin d’écarter un syndrome de la queue de cheval.
Conseil n°4 : privilégier une prise en charge conservatrice lorsqu’elle est indiquée
En l’absence de déficit neurologique sévère ou d’autre signe d’alerte, de nombreuses hernies discales lombaires peuvent initialement être prises en charge de manière conservatrice.
Cette prise en charge peut associer, selon la situation, le maintien d’une activité adaptée, des exercices progressifs, des conseils sur les activités quotidiennes et différentes approches manuelles visant notamment à améliorer la mobilité et la fonction.
Au CCCV, l’approche est adaptée à l’examen clinique et neurologique du patient. La présence d’une hernie discale sur l’IRM ne constitue pas, à elle seule, une indication pour une technique particulière.
L’évolution des symptômes et des éventuels signes neurologiques doit être réévaluée régulièrement afin d’adapter la prise en charge et, lorsque cela est nécessaire, d’orienter le patient vers une évaluation médicale complémentaire.
Conseil n°5 : savoir qu’une hernie discale peut parfois se résorber
Une hernie discale n’est pas nécessairement une lésion anatomique définitive. Des études réalisées avec des IRM de contrôle montrent qu’une partie des hernies lombaires peut diminuer de volume, voire se résorber spontanément, au cours d’une prise en charge non chirurgicale. PubMed
Cette résorption dépend notamment de la morphologie de la hernie. De façon assez contre-intuitive, les hernies extrudées ou séquestrées présentent une probabilité de régression radiologique plus importante que les simples protrusions discales. PubMed
Une méta-analyse publiée en 2024 portant sur 31 études et 2 233 patients rapporte une résorption radiologique globale d’environ 70 % après traitement conservateur, avec des taux plus élevés pour les séquestrations et les extrusions que pour les protrusions. La majorité du processus de résorption était observée au cours des six premiers mois. PubMed
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut attendre systématiquement. L’évolution des symptômes et surtout des signes neurologiques reste déterminante pour décider de poursuivre une prise en charge conservatrice ou de demander un avis médical ou chirurgical.
Hernie discale L4-L5 ou L5-S1 : quelle conduite adopter ?
Une hernie discale lombaire doit être interprétée dans son contexte clinique. Sa taille ou son aspect sur l’IRM ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer l’intensité des symptômes ni la prise en charge nécessaire.
En l’absence de signes d’alerte ou de déficit neurologique sévère ou progressif, une prise en charge conservatrice peut souvent être envisagée en première intention, avec une surveillance de l’évolution clinique.
L’objectif est de maintenir ou retrouver progressivement la fonction, de réduire les symptômes et de surveiller les éventuels signes neurologiques afin d’adapter la prise en charge lorsque cela est nécessaire.
Vous présentez une lombalgie, une sciatique ou une hernie discale L4-L5 / L5-S1 et souhaitez faire évaluer votre situation ?



