Cervicalgie à Paris : évaluation et prise en charge des douleurs cervicales

Les douleurs cervicales sont fréquentes et peuvent avoir des origines très différentes : tensions musculaires, troubles articulaires, discopathie, arthrose, irritation d’une racine nerveuse, traumatisme ou encore modification de certains paramètres posturaux.

Au CCCV à Paris 7, l’objectif est d’abord de comprendre l’origine probable des symptômes, d’identifier les éventuels signes neurologiques et de déterminer si une prise en charge conservatrice est adaptée.

Selon la situation, l’évaluation peut associer examen clinique, orthopédique, neurologique et postural ainsi que, lorsque cela est indiqué, l’analyse de l’imagerie disponible.

Qu’est-ce qu’une cervicalgie ?

Le terme cervicalgie désigne une douleur située au niveau du cou. Elle peut rester localisée à la région cervicale ou s’accompagner de douleurs au niveau des épaules, des omoplates, de la tête ou du membre supérieur.

Une cervicalgie peut être récente ou persistante. Son intensité ne permet pas, à elle seule, de déterminer sa cause ni sa gravité.

Chez certains patients, la douleur est principalement mécanique et varie avec les mouvements ou certaines positions. Chez d’autres, elle peut s’accompagner de symptômes neurologiques nécessitant une évaluation plus approfondie.

Quelles sont les principales causes de douleurs cervicales ?

Une cervicalgie n’a pas une cause unique.

Elle peut être associée à différents éléments :

des troubles musculaires ou articulaires ;

une limitation de mobilité cervicale ;

une discopathie ou un pincement discal ;

une arthrose cervicale ou une uncarthrose ;

des ostéophytes ;

une protrusion ou une hernie discale ;

un rétrécissement foraminal ;

une irritation ou une compression d’une racine nerveuse ;

un traumatisme cervical, notamment après une accélération-décélération de type “coup du lapin” ;

ou certaines modifications de l’alignement et de la posture cervicale.

Plusieurs de ces éléments peuvent être présents simultanément. Leur présence sur une radiographie ou une IRM ne permet cependant pas automatiquement d’identifier l’origine de la douleur.

Une anomalie sur une IRM ou une radiographie explique-t-elle forcément la douleur ?

Non.

Les modifications dégénératives de la colonne cervicale deviennent plus fréquentes avec l’âge et peuvent être observées chez des personnes ne présentant aucune douleur.

Discopathie, protrusion discale, ostéophytes et autres modifications peuvent donc parfois être découvertes fortuitement.

Inversement, un patient peut présenter une cervicalgie importante alors que son imagerie montre relativement peu d’anomalies.

L’imagerie doit donc être interprétée en relation avec les symptômes, l’histoire clinique et l’examen physique et neurologique.

Ce que votre compte rendu dit — et ce qu’il ne dit pas

Une expression comme « discopathie C5-C6 », « uncarthrose », « rectitude cervicale » ou « sténose foraminale » décrit une constatation anatomique ou radiologique.

Elle ne signifie pas automatiquement :

  • que cette anomalie explique vos douleurs ;

  • qu’un nerf est comprimé ;

  • que la situation est grave ;

  • ou qu’un traitement invasif est nécessaire.

C’est la concordance entre l’imagerie et votre situation clinique qui lui donne sa véritable signification.

Quand une douleur cervicale peut-elle venir d’un nerf ?

Lorsqu’une racine nerveuse cervicale est irritée ou comprimée, la douleur peut se propager depuis le cou ou l’omoplate vers l’épaule, le bras, l’avant-bras ou la main.

Elle peut être associée à des fourmillements, un engourdissement, une modification de la sensibilité ou parfois une diminution de la force musculaire.

On parle alors notamment de douleur radiculaire ou, lorsqu’il existe une atteinte fonctionnelle objectivable de la racine nerveuse, de radiculopathie cervicale.

En France, le terme névralgie cervico-brachiale est également couramment utilisé pour décrire certaines douleurs cervicales irradiant dans le membre supérieur.

L’examen neurologique permet notamment d’évaluer la sensibilité, la force et les réflexes afin de rechercher une atteinte nerveuse.

Quel rôle peuvent jouer la posture et la lordose cervicale ?

Vue de profil, la colonne cervicale présente habituellement une courbure appelée lordose cervicale.

Certains comptes rendus mentionnent une perte de lordose, une rectitude cervicale ou parfois une inversion de courbure.

Ces modifications ne permettent pas, à elles seules, d’expliquer une cervicalgie. Il existe une variabilité importante de l’alignement cervical entre les individus, y compris chez certaines personnes asymptomatiques.

Chez des patients sélectionnés, lorsqu’une modification posturale est objectivée dans des conditions standardisées et considérée comme pertinente dans le contexte clinique, elle peut néanmoins être intégrée à l’évaluation et éventuellement à certains objectifs de prise en charge.

L’important est donc de distinguer l’amélioration des symptômes de la modification d’un paramètre radiographique ou postural.

Comment évaluons-nous une cervicalgie au CCCV ?

L’évaluation commence par l’histoire clinique du patient : apparition des symptômes, localisation de la douleur, traumatisme éventuel, facteurs aggravants ou améliorants et évolution dans le temps.

L’examen peut ensuite associer :

évaluation de la mobilité cervicale ;

examen orthopédique ;

examen neurologique ;

évaluation de la posture et de l’équilibre du tronc ;

analyse des éventuelles irradiations dans le membre supérieur ;

et recherche de signes nécessitant une orientation médicale complémentaire.

Cette évaluation permet de déterminer si une prise en charge conservatrice est appropriée ou si des investigations ou un avis spécialisé sont nécessaires.

Quand l’imagerie cervicale est-elle utile ?

Une radiographie ou une IRM n’est pas nécessaire pour chaque cervicalgie.

Chez un patient présentant une douleur cervicale sans traumatisme, sans atteinte neurologique et sans signe d’alerte particulier, l’imagerie n’est pas systématiquement nécessaire.

Elle devient davantage pertinente selon le contexte : traumatisme, symptômes persistants, suspicion d’atteinte neurologique, radiculopathie, modification importante de l’état clinique ou autres éléments nécessitant une investigation complémentaire.

Lorsque des examens ont déjà été réalisés, nous pouvons également les analyser en relation avec l’examen clinique.

L’imagerie constitue donc un outil complémentaire, et non le diagnostic à elle seule.

Comment prend-on en charge une cervicalgie ?

La prise en charge dépend de la situation clinique et non d’un protocole identique appliqué à tous les patients.

Lorsque la prise en charge conservatrice est indiquée, elle peut notamment associer :

maintien ou reprise progressive de l’activité ;

soins chiropratiques adaptés ;

travail de mobilité ;

exercices de renforcement et de contrôle moteur ;

conseils concernant certaines activités ou positions ;

et, chez certains patients sélectionnés, travail spécifique de correction posturale.

L’objectif initial peut être de mobiliser, soulager et améliorer la fonction.

Lorsqu’un paramètre postural pertinent est également identifié, un objectif supplémentaire de correction peut être envisagé puis réévalué.

Quelle place pour la correction posturale CBP® ?

Au CCCV, nous utilisons notamment les principes de la Chiropractic BioPhysics® (CBP®) lorsqu’un objectif de correction posturale est considéré comme pertinent.

Selon la situation, cette approche peut associer soins chiropratiques, exercices correctifs et tractions posturales spécifiques.

L’objectif n’est pas de rechercher une posture « parfaite » chez tous les patients.

Lorsqu’un travail correctif est proposé, il doit partir d’un paramètre mesurable, poursuivre un objectif individualisé et permettre une réévaluation objective de l’évolution.

Une modification de la lordose cervicale ne signifie cependant pas qu’une discopathie, une arthrose ou des ostéophytes ont disparu. Les objectifs structurels et les objectifs cliniques doivent rester clairement distingués.

Découvrir la correction posturale CBP® au CCCV
 

Quand faut-il consulter rapidement pour une douleur cervicale ?

Certaines situations nécessitent une évaluation médicale rapide.

C’est notamment le cas lorsqu’apparaissent :

une faiblesse musculaire nouvelle ou progressive dans un bras ou une main ;

des troubles importants ou progressifs de la sensibilité ;

une maladresse inhabituelle des mains ;

des troubles de la marche ou de l’équilibre ;

des signes neurologiques qui progressent ;

ou des symptômes apparus dans un contexte clinique nécessitant une investigation médicale particulière.

Ces manifestations peuvent notamment conduire à rechercher une atteinte d’une racine nerveuse ou, plus rarement, une atteinte de la moelle épinière.

Cervicalgie après un accident ou un coup du lapin

Une accélération-décélération rapide de la tête lors d’un accident automobile, d’une chute ou d’un traumatisme sportif peut provoquer des douleurs et des limitations cervicales.

L’absence de fracture ne signifie pas nécessairement l’absence de symptômes.

L’examen doit tenir compte du mécanisme du traumatisme, de l’évolution de la douleur et des éventuels signes neurologiques.

Lire notre article sur les modifications cervicales après un accident
https://www.chiropractic.fr/articles/articles/votre-cou-ne-ment-pas-la-preuve-en-image-des-degats-d-un-accident-de-voiture

Cervicalgie et posture de tête en avant

Le travail prolongé devant un écran, le maintien d’une position pendant de longues périodes et différentes habitudes quotidiennes peuvent être associés à certains symptômes cervicaux.

Il est cependant trop simpliste d’attribuer toutes les cervicalgies à une « mauvaise posture ».

La douleur cervicale est multifactorielle et doit être évaluée dans son ensemble.

Comprendre le Text Neck ou Tech Neck
https://www.chiropractic.fr/articles/articles/textneck-ou-techneck

Les termes de votre compte rendu cervical

Votre compte rendu peut contenir des expressions parfois difficiles à comprendre :

rectitude cervicale 

perte de lordose cervicale 

discopathie 

pincement discal 

uncarthrose ou unco-discarthrose 

ostéophytes 

sténose foraminale 

protrusion ou hernie discale 

sténose du canal cervical

Text Neck / posture de tête en avant

Traumatisme cervical / coup du lapin

Ces termes ne doivent pas être interprétés isolément.

Nous développons sur le site du CCCV une série d’articles consacrés précisément à l’explication du vocabulaire utilisé dans les comptes rendus radiologiques et IRM du rachis cervical.

Ce qu’il faut retenir

Cervicalgie ne signifie pas forcément lésion grave.

Une anomalie d’imagerie ne signifie pas forcément qu’elle provoque vos douleurs.

Une douleur irradiant dans le bras ne signifie pas automatiquement qu’un nerf est lésé.

Une modification de la lordose cervicale ne doit pas être interprétée isolément.

L’objectif est de mettre en relation vos symptômes, votre fonction, l’examen clinique et neurologique et, lorsqu’elle est pertinente, l’imagerie afin de déterminer la stratégie adaptée à votre situation.

Questions fréquentes sur les douleurs cervicales

Faut-il faire une IRM pour une cervicalgie ?

Pas systématiquement. L’indication dépend notamment de la durée et de l’évolution des symptômes, de l’examen neurologique, du contexte traumatique éventuel et de la présence de signes justifiant une investigation complémentaire.

Une discopathie cervicale est-elle grave ?

Pas nécessairement. Les modifications discales deviennent fréquentes avec l’âge et peuvent être observées chez des personnes asymptomatiques. Leur signification dépend de leur concordance avec les symptômes et l’examen.

Une rectitude cervicale provoque-t-elle forcément des douleurs ?

Non. La forme de la lordose cervicale varie entre les individus et une rectitude ne permet pas, à elle seule, d’expliquer une cervicalgie.

Peut-on avoir une hernie discale cervicale sans douleur ?

Oui. Certaines anomalies discales peuvent être observées sur une IRM chez des personnes ne présentant pas de symptômes. L’imagerie doit donc toujours être confrontée à la clinique.

Une douleur dans le bras vient-elle forcément des cervicales ?

Non. Une irritation d’une racine cervicale peut provoquer une douleur dans le bras, mais d’autres structures peuvent produire des symptômes similaires. L’examen permet d’orienter le diagnostic.

Peut-on corriger une perte de lordose cervicale ?

Certaines méthodes de traction cervicale spécifiques ont montré qu’il était possible de modifier la lordose chez certains patients sélectionnés. Cela ne signifie cependant ni que toute rectitude doit être corrigée ni qu’une modification radiographique garantit une disparition des symptômes.

Vous souffrez de douleurs cervicales ?

Une évaluation permet de déterminer si vos symptômes relèvent d’une prise en charge conservatrice et si les anomalies éventuellement décrites sur vos radiographies ou votre IRM sont réellement pertinentes dans votre situation.