Arthrose cervicale (cervicarthrose) : que signifie ce terme sur votre compte rendu ?
Votre radiographie, scanner ou IRM mentionne une « arthrose cervicale », une « cervicarthrose », des « remaniements dégénératifs » ou une « spondylose cervicale » ?
Ces expressions décrivent des modifications liées au vieillissement et au remodelage progressif des structures de la colonne cervicale.
L’arthrose cervicale est très fréquente avec l’âge. Sa présence sur une imagerie ne signifie cependant pas automatiquement qu’elle est responsable de vos douleurs.
Qu’est-ce que l’arthrose cervicale ?
L’arthrose cervicale correspond à un ensemble de modifications dégénératives pouvant toucher les disques, les articulations et les structures osseuses de la colonne cervicale.
Elle peut notamment être associée à :
une discopathie ;
une diminution de hauteur du disque ;
une uncarthrose ;
des ostéophytes ;
des modifications des articulations postérieures ;
et parfois une réduction de l’espace disponible autour des racines nerveuses ou de la moelle épinière.
Le terme spondylose cervicale est également utilisé pour décrire cet ensemble de modifications dégénératives.
Arthrose cervicale et vieillissement : est-ce normal ?
Les modifications dégénératives cervicales deviennent progressivement plus fréquentes avec l’âge.
Des études réalisées chez des volontaires ne présentant aucune douleur montrent que des anomalies dégénératives peuvent être observées sur l’IRM chez des personnes totalement asymptomatiques.
Dans une étude classique, des anomalies cervicales étaient déjà visibles chez 19 % des sujets asymptomatiques étudiés et leur fréquence augmentait nettement après 40 ans. D’autres travaux réalisés sur de grandes populations asymptomatiques confirment que les modifications discales et dégénératives deviennent très fréquentes avec l’âge.
Il est donc important de distinguer vieillissement anatomique et maladie symptomatique.
L’arthrose cervicale provoque-t-elle forcément des douleurs
Non.
Une arthrose peut être visible sur une radiographie ou une IRM sans provoquer aucun symptôme.
À l’inverse, chez certains patients, les modifications dégénératives peuvent être associées à :
une douleur cervicale ;
une raideur ;
une limitation de mobilité ;
des douleurs irradiant vers l’épaule ou le bras ;
ou des symptômes neurologiques lorsqu’une structure nerveuse est concernée.
Les modifications dégénératives cervicales sont extrêmement fréquentes dans la population adulte mais restent souvent asymptomatiques.
L’imagerie doit donc être interprétée en fonction de l’histoire clinique et de l’examen du patient.
Arthrose, discopathie et uncarthrose : quelle différence ?
Ces termes décrivent des structures différentes mais sont souvent associés.
La discopathie cervicale concerne principalement le disque intervertébral.
L’uncarthrose concerne les articulations uncovertebrales situées latéralement entre les vertèbres cervicales.
L’arthrose cervicale est un terme plus général qui peut englober plusieurs modifications articulaires et osseuses dégénératives.
Les ostéophytes sont des productions osseuses pouvant apparaître au cours de ces phénomènes dégénératifs.
Un même compte rendu peut donc mentionner simultanément une discopathie C5-C6, une uncarthrose et des ostéophytes.
Qu’est-ce qu’un « complexe disco-ostéophytique » ?
Cette expression est fréquente dans les comptes rendus d’IRM ou de scanner.
Elle décrit l’association entre des modifications du disque et des productions osseuses adjacentes, notamment des ostéophytes.
Selon leur localisation, ces modifications peuvent ne provoquer aucun symptôme ou contribuer à réduire l’espace disponible dans un foramen ou dans le canal cervical.
Le terme décrit donc une configuration anatomique, et non automatiquement une compression neurologique symptomatique.
L’arthrose cervicale peut-elle comprimer un nerf ?
Oui, dans certaines situations.
Une diminution de hauteur discale, une uncarthrose et des ostéophytes peuvent progressivement réduire l’espace disponible dans un foramen cervical.
Lorsque cette sténose correspond à une irritation ou une compression d’une racine nerveuse, le patient peut présenter une radiculopathie cervicale avec douleur irradiée, fourmillements, troubles sensitifs ou parfois faiblesse musculaire.
Mais un rétrécissement foraminal visible sur une IRM peut également être présent chez une personne ne présentant aucun symptôme.
Comprendre la sténose foraminale cervicale
https://www.chiropractic.fr/articles/articles/stenose-foraminale-cervicale-que-signifie-votre-compte-rendu
L’arthrose cervicale peut-elle comprimer la moelle épinière ?
Dans certaines formes plus avancées, les modifications dégénératives peuvent également réduire l’espace disponible dans le canal cervical.
Lorsque la moelle est comprimée, l’IRM peut parler de compression médullaire.
La présence d’une compression sur l’imagerie ne signifie toutefois pas automatiquement qu’une myélopathie est présente. Une méta-analyse estime qu’une compression médullaire cervicale asymptomatique peut être retrouvée chez environ 24 % d’une population saine étudiée par IRM, avec une fréquence plus importante avec l’âge.
Lorsque cette compression s’accompagne de signes neurologiques — maladresse des mains, perte de dextérité, troubles de l’équilibre ou de la marche, notamment — une myélopathie cervicale doit être recherchée.
Peut-on faire disparaître l’arthrose cervicale ?
Une arthrose cervicale constituée ne peut généralement pas être « effacée » par des exercices, des manipulations ou une correction posturale.
Les ostéophytes et les modifications osseuses ne disparaissent pas simplement parce que la douleur s’améliore.
Mais cette distinction est essentielle :
l’image radiologique peut rester pratiquement identique alors que le patient va beaucoup mieux.
L’objectif d’un traitement conservateur est donc principalement d’améliorer les symptômes, la mobilité et la fonction, et non de prétendre régénérer une articulation dégénérative.
Comment prend-on en charge une arthrose cervicale ?
La prise en charge dépend des symptômes et de l’existence ou non d’une atteinte neurologique.
Chez un patient présentant principalement des douleurs mécaniques cervicales sans déficit neurologique progressif, une stratégie conservatrice peut notamment associer :
maintien ou reprise de l’activité ;
exercices de mobilité ;
renforcement ;
travail du contrôle moteur ;
conseils adaptés aux activités quotidiennes ;
et certaines approches manuelles lorsque celles-ci sont appropriées.
Le choix du traitement dépend donc davantage du tableau clinique que de la quantité d’arthrose visible sur l’imagerie.
Quelle place pour la chiropratique ?
Chez certains patients présentant une cervicalgie dans un contexte dégénératif, une prise en charge chiropratique peut être envisagée après un examen clinique et neurologique.
Les techniques doivent être adaptées notamment à l’âge du patient, aux symptômes, à la mobilité, à l’état neurologique et aux données de l’imagerie lorsqu’elles sont disponibles.
Lorsqu’une modification mesurable de l’alignement cervical est également présente, elle peut être évaluée séparément.
Il faut cependant conserver une distinction claire : modifier certains paramètres posturaux ne signifie pas faire disparaître l’arthrose, la discopathie ou les ostéophytes.
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Quand faut-il demander un avis médical spécialisé ?
Une arthrose cervicale simple ne nécessite pas automatiquement un avis chirurgical.
Une évaluation spécialisée devient cependant importante lorsqu’apparaissent notamment :
une faiblesse musculaire progressive ;
des troubles sensitifs importants ou qui s’aggravent ;
une radiculopathie persistante et invalidante ;
une maladresse progressive des mains ;
des troubles de l’équilibre ou de la marche ;
ou d’autres signes pouvant évoquer une atteinte de la moelle épinière.
Dans ces situations, la priorité est d’identifier précisément l’origine neurologique des symptômes.
Ce que votre compte rendu dit — et ce qu’il ne dit pas
« Arthrose cervicale » signifie que des modifications dégénératives ont été observées au niveau de votre colonne cervicale.
Cela ne signifie pas automatiquement :
que votre colonne est « usée » ou fragile ;
que l’arthrose explique toutes vos douleurs ;
qu’un nerf est comprimé ;
que votre état va nécessairement s’aggraver ;
ou qu’une chirurgie sera nécessaire.
La véritable importance de ces modifications dépend de la concordance entre vos symptômes, votre examen clinique et neurologique et les données de l’imagerie.
Ce qu’il faut retenir
Arthrose cervicale ≠ forcément douleur.
Arthrose cervicale ≠ forcément nerf comprimé.
Arthrose cervicale ≠ forcément chirurgie.
Les modifications dégénératives deviennent très fréquentes avec l’âge et peuvent exister chez des personnes sans symptômes.
L’objectif est donc de traiter la situation clinique du patient et non une image isolée.
Votre compte rendu mentionne une arthrose cervicale ?
Si votre radiographie ou votre IRM mentionne une cervicarthrose, une unco-discarthrose, des ostéophytes ou d’autres remaniements dégénératifs et que vous souhaitez comprendre leur signification :
Comprendre l’évaluation des douleurs cervicales au CCCV
https://www.chiropractic.fr/cervicalgie-paris
Comprendre l’uncarthrose cervicale
https://www.chiropractic.fr/articles/articles/uncarthrose-cervicale-que-signifie-ce-terme-sur-votre-compte-rendu
Comprendre les ostéophytes cervicaux
https://www.chiropractic.fr/articles/articles/osteophytes-cervicaux-que-signifie-ce-terme-sur-votre-compte-rendu
Comprendre la discopathie cervicale
https://www.chiropractic.fr/articles/articles/discopathie-cervicale-que-signifie-ce-terme-sur-votre-compte-rendu



